Je fume depuis dix ans...

C'est vrai, j'ai commencé à 46 ans, et je n'avais jamais fumé avant...

 

Ma première expérience de la cigarette, je m'en rappelle très bien, j'avais huit ans,  à ma "première communion", j'ai reçu de l'argent...

 

Mon copain Yvan et moi avons été à la gare, tirer des cigarettes dans le distributeur, puis nous avons été les fumer dans notre cabane...

 

Je n’ai jamais été raisonnable, et à cette époque-là,  pas plus que maintenant, ce qui veut dire que j'en ai fumé plusieurs...

C'était  vraiment dégueulasse, mais nous faisions comme les grands...

 

Au bout de très peu de temps je me suis vraiment senti mal, et je suis rentré "tout vert"  la maison, pour vite me coucher...

Cette expérience a été très salutaire, et à l'âge de 14 ans quand mes copains commençaient à fumer, par orgueil et pour être différent, je n'ai pas suivi le mode...

 

Mon père était un gros fumeur, est vraiment tous il nous a dégoûté de ce vice.

Je me rappelle particulièrement ses réveils le matin, où il toussait et il crachait, ce qui pour nous était insupportable et nous faisait presque vomir...

 

Mon père nous a montré le "mauvais exemple" de ce qu'il ne fallait pas faire, il en est mort dans une terrible déchéance, le cancer du fumeur et c'est affreux à voir...

 

Aucun membre de notre famille n'a fumé, grâce à son exemple...

 

À 46 ans, quand j'ai rencontré mon amie Joëlle, qui elle fumait passablement, j'ai été confronté à un problème, pour un non-fumeur, embrasser une fumeuse c'est presque embrasser un cendrier...

 

La bouche d'un fumeur pour un non-fumeur est vraiment difficilement supportable,  en tout cas, cela enlève tout plaisir...

 

Comme Joëlle ne se sentait pas la force d'arrêter, c'est moi qui ai commencé...

 

Mais je l'ai toujours fait comme une expérience, et comme quand je fais quelque chose, je le fais bien, je suis rapidement monté à plus de deux paquets par jour...

 

Et même quand je me suis séparé de Joëlle, j'ai continué l'expérience, car elle avait quelque chose de fascinant.

C'est moi à présent qui dégoûtai les autres, moi qui laissai à côté de moi des cendriers pleins, et donc moi qui recevais tous les jugements, que j'ai envoyés à mon père…

 

Dans ma famille et je ne vous dis pas, personne ne comprenait mon geste et je ne recevais que des regards de reproche, mais ce geste me rapprochait de mon père, je pouvais comprendre le plaisir qu'il avait eu à fumer, et rapidement je me suis surpris avoir un geste que je croyais impossible, fumer une cigarette le matin au réveil, avant même d'avoir bu un café...

 

Mon père faisait cela, et je ne comprenais pas son geste, je trouvais cela insupportable, et bien sûr je jugeais...

 

Pourtant, cette cigarette le matin au réveil a un goût bien particulier, elle permet de prolonger le bien-être du sommeil, ce "petit état d'inconscience" juste au moment du réveil, avant de se lever.

 

J'ai bien sûr tenté plusieurs fois d'arrêter de fumer, de différentes façons, et j'aurais pu arrêter, mais "quelque chose en moi" avait envie de continuer cette expérience...

 

J'ai quand même réussi à me stabiliser à un paquet, un paquet et demi afin de ne pas trop exagérer…

 

Mais je suis remonté plus de trois paquets, depuis que vu le reportage sur l'invasion de l'Afrique par les "Cigarettiers", et que j'ai décidé que j'allais arrêter…

 

Fumer est un geste qui appartient notre robot, la partie inconsciente de nous-mêmes, la partie qui s'occupe de gérer la machine, telle que les battements de cœur, la respiration automatique, la sécrétion d'hormones pour faire face aux différentes situations, et bien sûr les réactions de l'instinct de survie...

 

Cette partie inconsciente de nous-mêmes que j'appelle le robot, est en réalité notre ange gardien, son rôle est de nous protéger malgré nous, il se construit à chacune de nos expériences, par exemple quand un enfant est attiré par le feu, attiré par les choses qu'il ne connaît pas, et il veut en faire l'expérience...

 

Quand un enfant se brûle, soit qu'il a touché une plaque électrique, soit qu'il a touché le feu, le robot enregistre le résultat, est mets en place un système de protection, afin que le traumatisme ne se reproduise pas...

 

Si le traumatisme a été fort, une forte brûlure aux doigts provoqués par le feu, chaque fois que l'enfant s'approchera d'un feu, son robot provoqua un état de panique, une envie de fuir, sans qu'il y ait réellement de dangers, c'est un geste réflexe, protéger le corps afin de ne pas recommencer cette expérience qui lui a fait mal…

 

Et plus le traumatisme a été fort, plus le geste et le réflexe de peur et de fuite seront puissants et automatiques et presque incontrôlables…

Il faudra expliquer à l'enfant et lui réapprendre à contrôler la peur de son robot, pour qu'il puisse progressivement approcher du feu, et lui faire remarquer que s'il est prudent, il ne risque rien...

 

Mais notre robot à ses propres règles, son propre fonctionnement à lui, sa propre façon de voir les choses...

 

Et en ce qui concerne l'acte de fumer, bien que le corps réagit vivement en refusant cette expérience par une forte tout, le robot va insister, car lui veut imiter ce geste qu'il a admiré à la télévision, dans un film, une publicité, ou même recopier un geste qu'il a vu de quelqu'un qu'il admire, estimant que ce geste va le approché de lui...

 

Petit à petit le robot va imposer ce geste au corps qu'il est censé protéger.

 

Car notre robot est un enfant et si l'explication que nous les adultes lui donnons, il ne la comprend pas, il va la refuser et continuer, ce geste qui pour lui, est une bonne occupation, qui lui donne un genre, une contenance, une façon d'être, comme dans la pub, dans le film qu'il a vu, ou le souvenir de la personne qu'il a inspirée...

 

Fumer, soyez-en certain, est un geste qui appartient au robot et uniquement à lui.

 

Le corps va au début résister et manifester à quel point ce geste lui est néfaste, mais le robot va continuer et ignorer ce message, car lui a un but, faire comme les autres, faire comme tout le monde, être un adulte...

 

Pour arrêter de fumer, il n'y a pas 36'000 solutions...

 

Soit profiter de l'impulsion de la grâce, comme ça tout à coup on se dit :

" Tiens ! Si j'arrêtais de fumer..."  Et dans l'instant, cela paraît facile faisable…

 

La personne pourra facilement cesser de fumer à l'instant même, sans vraiment en souffrir, sans vraiment avoir envie de recommencer, et même si la veille accord elle fumait deux paquets...

 

Mais c'est la grâce est une impulsion, qui repasse de temps en temps, et qu'il ne faut pas rater.

 

Beaucoup de personnes ont réussi à arrêter d'un coup comme cela, elles n'ont que peu de mérite, la grâce a accompli le travail pour elle-même, même si elles n'en sont pas conscientes, elles n'ont que le seul mérite d'avoir réussit  à écouter cette petite voix, et résister au robot qui lui bien sûr cherchait à recommencer...

 

Mais il existe d'autres moyens :

 

D'abord, il faut comprendre, que ce geste appartient au robot, que lui seul en a besoin, et que l'impression de paix qu'il ressent lorsqu'il fume n'est en réalité qu'une confusion…

 

Oui ! Cette paix que l'on pense ressentir, c'est impression de relâchement de l'esprit, n'est en réalité qu'une confusion...

Fumer sème la confusion, un" brouillard", dans notre corps est nôtre esprit, mais cette confusion peut parfois est même souvent être profitable...

 

Cette confusion fait lâcher le problème auquel on s'accrochait, lâcher provisoirement  la colère qui nous dévorait, lâché peut-être cette peur qui nous écrasait, et certaines fois dans cet espace de confusion apparaît une réponse, celle que l'on attendait est bien sûr on attribue cela à la cigarette, c'est grâce à elle que nous avons reçu cette réponse...

 

Négatif, il y a bien d'autres moyens plus simples et plus efficaces de provoquer un arrêt, une détente, à lâcher-prise, qui permettront d'obtenir la réponse...

Mais ça, lui le robot, ne le comprend pas…

Et surtout il n'a pas envie de faire un effort, fumer n'est pas un effort, à part celui d'allumer la cigarette...

 

Lorsqu'on décide d'arrêter de fumer, ce n'est pas le corps qui réclame, ni le manque de nicotine, c'est surtout le robot qui utilise ses excuses pour nous faire craquer,  et nous faire recommencer, car lui n'a aucune envie d'arrêter un geste qui certaine foi, lui procure du plaisir…

 

Alors pour arrêter de fumer, sans pour autant se confronter aux crises de nerfs de l'ego, qui lui tape du pied comme un enfant, et nous fait la vie dure jusqu'à qu'on recommence, il faut non seulement le vouloir, mais préparer un plan...

 

Pour arrêter de fumer sent frustrer l'ego, sans frustrer le robot, il faut remplacer ce geste par autre chose, comme on le ferait avec un enfant...

 

Arrêter de fumer, n’est remplacé par rien, c'est un échec presque assuré, si on n'a pas obéi à l'impulsion de la Grâce...

 

Arrêter de fumer, et le remplacer le geste par des chewing-gums ou des bonbons, ou même par de la nourriture, ça marche mieux, mais le résultat obtenu n'est pas forcément celui escompté, car un robot frustré, va continuer à taper du pied, et réclamer réparation...

 

Et cela va souvent provoquer une grosse prise de poids, le seul moyen de se construire un "bouclier de graisse" pour retrouver un peu de paix...

 

Mais ce n'est pas forcément les conséquences qu'on voulait et qu'on envisageait…

Non, pour arrêter de fumer, sans le remplacer par une autre manie, il faut prévoir un plan. Le mien est déjà prêt...

 

Car je m'y suis préparé, depuis plusieurs mois je l'envisage, quand j'arrêterai de fumer, cela sera pour commencer d'abord à marcher, puis progressivement refaire du footing, car je rêve de pouvoir à nouveau courir, libérer mon corps de ces tensions, atteindre ce petit "état d'extase"  dont le footing a le secret...

 

Mais en fumant, tu peux l'oublier car fumer bouche les artères et encrasse les poumons, ce n'est plus quelque chose à prouver...

 

Je vais d'abord commencer par marcher est bien respirer, et même si au début cela me fera mal, je l'ai déjà essayé, j'ai vu que c'était possible, mais mon robot ne voulait pas arrêter de fumer, ce n'était pas le moment, il lui fallait une bonne raison...

 

Maintenant cette raison, je l'ai, et elle est excellente !

 

Arrêter de fumer va non seulement de permettre de commencer mon plan "footing"  mais également d'empêcher de nombreux enfants africains de se pervertir, de se détruire et de détruire leur entourage…

 

Car si fumer pour moi a été un choix, eux n'auront pas cette chance…

 

Quand ta vie se passe à attendre, à essayer de t'occuper et que tu découvres le geste de fumer, jamais tu ne pourras t'en libérer, ou alors vraiment difficilement, car eux peuvent pas le remplacer par "autre chose"…

 

Oui !  Si arrêter de fumer va couper les moyens aux "cigarettiers", va protéger les enfants qui vivent parfaitement bien sans ce geste, mais qui s'y enfermeront rapidement, oui, c'est une bonne raison et même mon robot, mon Ego est d'accord, même si pour l'instant l'idée même pour lui, est pas supportable…

 

Mais moi j'ai la chance d'arrêter de fumer sans pour autant me frustrer, ni frustrer mon Ego…

 

Comment ?

                                                                                                                                    STOP, c'est terminé, j'arrête de fumer...

Nous avons déjà essayé et nous avons plusieurs méthodes…

 

La méthode des trois jours :

 

Mais elle demande un bon contrôle de son robot…

 

Pendant trois jours, j'arrête complètement. Et quand mon robot réclame trop, je lui montre cette image, d'un enfant Africain qui fume et qui s'y emprisonne, car lui n'a pas le choix…

 

Au bout de trois jours, déjà je pourrai "continuer d'arrêté", car le plus dur a été fait et déjà mon robot ne tape plus du pied, mais si vraiment il le désire, je tiens ma promesse et je vais choisir le moment de fumer "cette Cigarette " pour bien la savourer et personne ne va me déranger, je vais savourer mon cadeau et ne pas être distrais, cette cigarette je la mérite…

 

Et je vais m'équiper d'un petit ciseau, pourquoi ?

 

Je l'ai déjà essayé et je connais mon Ego…

 

Après trois bouffées, il devient écœuré, déjà cette cigarette a tellement de goût, c'est la cigarette tant appréciée que mon robot recherche, celle qu'on savoure, mais après trois bouffées déjà revient l'écœurement…

 

Alors moi j'interviens et je coupe le bout allumé, afin que mon robot savoure ce délice sans avoir peur d'en manquer…

 

Et je fais le bilan, j'interroge mes poumons et je force mon Ego à entendre la réponse…  "Un petit peu d'accords, mais faut pas exagérer"…

 

Cette cigarette, je vais la fumer en deux ou trois fois, grâce à mes petits ciseaux…

 

Le troisième et dernier bout, elle n'a plus le même goût, on retombe dans l'habitude…

 

Et là, mon rebot est d'accord pour poursuivre l'expérience trois jours de plus…

 

Déjà, au bout de six jours, mon ego reconnaît qu'il n'a plus la même attente, et qu'il pourrait continuer, mais s'il le désire, on refait l'expérience…

 

Au bout d'une semaine, il n'y pense déjà plus, où seulement quand il regarde des fumeurs, qui réactivent le souvenir du plaisir, mais l'idée de sauver un Africain a pris le dessus…

 

Au bout de très peu de temps mon ego n'est plus dépendant, le plaisir qu'il retrouve simplement à respirer, accompagné du possible que le corps lui témoigne, car très vite la vie reprend son droit, l'encourage à continuer et déjà il ressent la Joie, d'avoir réussi, à se libérer de cette dépendance…

 

Ensuite c'est à moi de choisir…

 

Dans certaines situations, j'apprécie de partager le plaisir de fumer une cigarette, mais quand je me l'autorise, je ne parle pas, je fume, et en savoure chaque bouffée, car je ne veux pas retomber dans le geste machinal, vous connaissez, on allume une cigarette, puis on pense à autre chose, ou répondons à une question et la cigarette est finie, sans y avoir pris plaisir, alors on en rallume une autre pour na pas être frustré…

 

Oui !   J'ai arrêté de fumer et je vais remplacer par respirer à pleins poumons, même si au départ c'est douloureux et difficile, mais déjà je ressens les progrès…

 

Non !  Je ne veux pas me frustrer, ni frustrer mon Ego, et je me réserve le droit d'en fumer une, à l'occasion, mais je ferrai attention de pleinement la savourer et je ne me laisserai pas distraire, si je m'en accorde une, c'est pour la savourer…

 

Et vous savez le plus drôle, quand je fumais, je ne m'en rendais pas compte, mais en tirant sur ma cigarette, je chercherais simplement une bouffée d'ai consciente, celle que l'on respire à plein poumon, celle qu'on sent entrer jusqu'au fond du  ventre, celle qui fait du bien, celle qui libère "l'esprit"….

 

Et jamais je n'aurai imaginé qu'il me suffisait d'imiter ce geste, et des fois je le fais, je porte une cigarette imaginaire à ma bouche et j'aspire à plein poumon….

 

Ça marche, essayez !

 

Mais vous remarquerez presque immédiatement que l'Ego n'est pas d'accords, pour lui ou on fume, ou on ne fume pas….

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